Assise dans un grand champ, une fleur entre les dents, j’écoute le silence du temps qui s‘élabore....
Non, pas vraiment, mais au bord du bassin du ryad, devant le café du matin, préliminaire au petit-déjeuner impérial, je songe aux mille quatre cents kilomètres des ruelles de la médina qui
me restent à parcourir, ça va faire beaucoup pour ce matin avant le départ pour Casablanca, après les crêpes mousseuses et molles au miel, les rouleaux à la cannelle, le fromage blanc à l’huile
d’olive, le jus d’orange pressées de frais...
C'est Mekhnès qui a eu ma préférence, plus facile à appréhender, de larges
espaces à traverser, mais Fès garde son mystère et par là-même un goût d'au revoir.
C'est à la course, et cornaqués par un guide officiel moins précis que volubile que nous avons abordé la médina de Fès.
Le parcours classique implique la tournée des artisans avec qui Driss a un accord qui lui permet de toucher sur les souvenirs achetés à des prix doublés par rapport à un achat hors TOVO (tour
operator vraiment officiel).
Dans chaque échoppe ou centre artisanal du parcours, un présentateur
prend en main les touristes, leur montre l'atelier et impose le point de vente, et pendant ce temps, un thé, une cassette vidéo ou un repas est servi au guide officiel (GO ?), dans un
endroit dédié aux guides. Le débit de parole des présentateurs tient parfois du prodige.
Summum du pathétique, le dinandier, petit-fils de celui qui livra les portes
du palais royal, mais si mais si, dernier à posséder ce savoir-faire. Installé dans le coin d'une boutique exempte de toute trace d'une quelconque activité
artisanale, le dinandier, donc, interrompt le ciselage commencé à l'arrivée de notre petite troupe et, sans lever les yeux fait passer, au fil des explications sans passion du présentateur,
divers outils posés à côté de lui.
Nous nous les passons à notre tour, de main en main à l'invitation du
présentateur, avec le respect et la circonspection de mise, et les marteaux qu'il exhibe n'ont jamais servi.
Dans cette première folle journée portes du
palais-synagogue-poterie-tannerie-broderie-dinanderie-herboristerie-, j'ai craqué au chapitre 8, celui des tapis.
Coincée sur une banquette entre un demi-verre de thé tiède et un flot de
parole incessant, il m'est venu une vague de rage impuissante devant la ronde des tapis déroulés en vitesse les uns sur les autres, pire que le pire des power points, comme une soirée diapo sans
les cacahouètes, trop de motifs, trop de couleurs, trop des garanties, valse des étiquettes (oranges), expédition facile, prix d'amis, pour vous c'est comme pour la famille, boucou de clients aux
étazini, et ta sœur.
Mon doute sur le poids autorisé à l'aéroport, objection lasse
et lâche, hélas, à l'achat immédiat, est balayé d'un magistral : eh la gazelle, quand on veut, on peut, chère madame. Certes, et comme je n'en voulais pas et n'en pouvais plus, j'ai donné
dans le ricanement sec, et oublié dans la foulée la housse de mon appareil photo sur la banquette.
La formule 'soyez les bienvenus' entérine la fin des négociations inabouties, des offres les plus insistantes repoussées et, dans ce jeu, ce n'est pas le touriste qui peut sortir ce joker.
La palme du local revient à la tête de
chameau posée à terre devant l'étal gluant de la boucherie chémeline, la langue violacée nonchalamment sortie sur le côté dans le caniveau, défiant les orteils des gamins en claquettes, pas loin
des pâtisseries baroques où les abeilles viennent récupérer leur miel jusque sous les plastics. Pas d'abeille en revanche pour les olives disposées en cônes brillants, astiqués à l'huile
d'olive.
Il y a les petits
taxis, au compteur aléatoirement actif, rouges à Casablanca, bleu ciel à Mekhnès, beiges à Fès,.kaki à Ifrane. Ils peuvent charger jusqu'à trois passagers et refusent si l'on ne va pas dans leur
direction. Il y a les grands taxis, des Mercedes blanches, qui font les transits d'aéroport et poussent l'accueil jusqu'à ambiancer Mireille Mathieu et Gilbert Bécaud --La Place Rouge était
blanche... en passant sous le minaret de la grande mosquée-- dès que la France est évoquée, quitte à friser la glissière de sécurité pour changer le disque.
Au Maroc, les petits-suisses sont des Moufids.
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Profitant de la présence de Paul avec nous lors des dernières
vacances de la Toussaint,
Un peu plus loin, se trouve la réserve des singes Bonobos qui ne
vivent que dans les forêts tropicales humides souvent inondées du Nord de la RDC. Là, ils vivent en groupes au sein de sociétés dirigées par les femelles, au rythme du slogan "faites l'amour pas
la guerre!!!". Végétariens ils se nourrissent de feuilles et de fruits, parfois aussi d'insectes.
Chassés pour leur viande ou pour la capture des bébés vendus
sur les marchés comme animaux de compagnie, les bonobos sont très menacés et risquent de disparaitre...d'où cette réserve: LOLA YA BONOBO (le paradis des Bonobos).
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